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Franck SOUTOUL et Jean-Philippe BRESSON INLEX IP EXPERTISE

 

Brevets

Protéger ses inventions par brevet

 

 

Le brevet est un titre de propriété industrielle qui confère à son propriétaire un droit exclusif d’exploitation sur une invention, pour une durée de vingt ans maximum.

 

Que pouvez-vous protéger par brevet ?Retour au sommaire

L’objet de la protectionRetour au sommaire

 

L’invention peut consister en un produit ou un procédé. Elle doit être nouvelle, impliquer une activité inventive et être susceptible d’application industrielle. Toute invention n’est pas brevetable.

 

L’invention peut consister :

  • soit en un produit (objet matériel) Exemple : une armature de tente, un médicament
  • soit en un procédé (moyen de fabrication), qui permet d’obtenir un produit ou bien un effet technique particulier.
    Exemple : un procédé permettant d’améliorer l’étanchéité d’un bouchon.

Seul le procédé est brevetable, non son résultat.

Les conditions de brevetabilitéRetour au sommaire

Retrouvez dans Le guide de la propriété intellectuelle un grand nombre de conseils pratiques : dépôt d'enveloppe Soleau, recherche d'antériorité, exemples de jurisprudence, modèles d'accords de confidentialité...

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Pour être brevetable, votre invention doit répondre à trois critères :

  • L’invention doit être nouvelle

Une invention est dite nouvelle lorsqu’elle n’est pas comprise dans l’état de la technique. On entend par état de la technique, l’ensemble des informations rendues accessibles au public, avant la date de dépôt de la demande de brevet. Ainsi, toute information qui met l’invention à la disposition du public avant le dépôt de la demande constitue une antériorité destructrice de nouveauté, à condition qu’elle soit divulguée de manière suffisante pour qu’un homme du métier (professionnel du secteur technique auquel se rattache l’invention) soit en mesure de reproduire l’invention.

Seule une antériorité en tous points identiques à l’invention lui est opposable ; on parle d’antériorité de toutes pièces. De simples différences entre une invention existante et une invention pour laquelle le brevet est demandé suffiront à satisfaire la condition de nouveauté.

La nouveauté doit être absolue, c'est-à-dire que l’invention ne doit jamais avoir été portée à la connaissance du public avant la date de dépôt de la demande de brevet :

  • dans aucun pays,
  • d’aucune manière (une publication, notamment sur Internet, une communication orale publique, une demande antérieure de brevet…),
  • par qui que ce soit (y compris l’inventeur lui-même).

Il est donc impératif de garder le secret jusqu’au jour du dépôt de l’invention. Ainsi, il est possible de déposer une enveloppe Soleau auprès de l’INPI.

Dans l’hypothèse où une divulgation est absolument nécessaire avant le dépôt de la demande de brevet (par exemple, pour expérimenter l’invention), il s’avère nécessaire de prévoir des accords de confidentialité.

Dans quelques cas cependant, la divulgation de l’invention ne fait pas obstacle au dépôt de la demande, notamment si elle découle d’un abus évident d’un tiers qui en avait connaissance.

  • L’invention doit impliquer une activité inventive

L’invention ne doit pas, pour un homme du métier, découler de manière évidente de l’état de la technique. Le caractère inventif de l’invention est recherché par comparaison entre l’invention et ce qui existe déjà dans le domaine technique concerné.

  • L’invention doit être susceptible d’application industrielle

Cette condition est remplie dès lors que l’invention peut être fabriquée ou utilisée dans tout genre d’industrie, y compris l'agriculture.

Les exclusions à la brevetabilitéRetour au sommaire

Ne sont pas considérés comme des inventions, en raison de leur caractère abstrait :

  • les découvertes, théories scientifiques et méthodes mathématiques ;
  • les plans, principes et méthodes dans l’exercice d’activités intellectuelles, en matière de jeu ou dans le cadre d’activités économiques (business méthode), ainsi que les programmes d’ordinateur,
  • les présentations d’informations.

Sont également exclues de la brevetabilité, pour des raisons éthiques :

  • les inventions contraires à l’ordre public et aux bonnes mœurs,
  • les inventions concernant les espèces animales ou végétales,
  • les méthodes de traitement chirurgical ou thérapeutique du corps humain ou animal et les méthodes de diagnostic appliquées au corps humain ou animal.

Enfin, certaines créations sont exclues du domaine de la brevetabilité parce qu’elles relèvent d’un autre mode de protection : droit d’auteur, dessins et modèles, obtentions végétales, ou encore topographie des produits semi-conducteurs.

 

Comment protéger votre invention ?Retour au sommaire

 

Seul le dépôt d’une demande de brevet, suivi de l’obtention d’un titre de propriété industrielle, permet la protection de l’invention.

 

Le dépôt de la demande de brevetRetour au sommaire

Retrouvez sous forme de schéma dans Le guide de la propriété intellectuelle toutes les étapes de la procédure de dépôt de la demande de brevet ainsi qu'un tableau récapitulatif des annuités à payer pour le maintien en vigueur du brevet.

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Le déposant

Toute personne physique ou morale peut déposer une demande de brevet, qu’il s’agisse de l’inventeur, d’une entreprise, d’un laboratoire de recherche…
L’inventeur étranger n’ayant pas de domicile ou de siège social en France doit obligatoirement se faire représenter par un mandataire.

Le lieu du dépôt

Vous pouvez effectuer votre dépôt au siège de l’Institut National de la propriété industrielle (INPI : www.inpi.fr) à Paris ou dans l’un de ses centres régionaux. Vous pouvez également procéder par l’envoi de plis recommandés ou par dépôt électronique.

La date de dépôt correspond au point de départ de la protection.

Le coût de la procédure

Des redevances doivent être acquittées au moment du dépôt, auxquelles s’ajoutent éventuellement les honoraires d’un conseil en propriété industrielle. Le montant des redevances est consultable sur le site Internet de l’INPI (www.inpi.fr).

Toute demande de brevet ou tout brevet donne lieu au paiement de taxes annuelles. Si celles-ci ne sont pas acquittées, vous perdrez vos droits sur le brevet.

Le contenu du dossier de la demande

Parmi les documents composant votre dossier de demande de brevet, deux sont essentiels : la description et les revendications.

  • La description va en effet permettre l’interprétation des revendications, et divulguer les moyens techniques permettant la réalisation de l’invention. La loi exige que l’invention soit exposée de façon suffisamment claire et complète pour qu’un spécialiste du secteur technique concerné soit à même de la comprendre et de la reproduire. Une description insuffisante entraînerait le refus du brevet par l’INPI ou son annulation (après sa délivrance) par un tribunal.
  • Les revendications, quant à elles, déterminent l’étendue de la protection conférée par le brevet. Elles doivent être claires et précises, et se fondent sur la description.

Les éléments que vous aurez décrits mais que vous n’aurez pas revendiqués ne seront pas protégés par le brevet. Inversement, vous ne pourrez pas revendiquer un élément qui ne serait pas inclus dans la description.

La rédaction de la demande de brevet est délicate, aussi est-il vivement conseillé de la confier à un professionnel, tel qu’un conseil en propriété industrielle (www.cncpi.fr).

L’examen de la demande et la délivrance du titreRetour au sommaire

Dès son dépôt, la demande fait l’objet d’un examen par les services de la Défense nationale, qui vont décider d’interdire ou non sa divulgation et son exploitation. Cette autorisation est acquise de plein droit en cas de silence de l’administration dans les cinq mois suivant la demande.

L’INPI va alors procéder à un contrôle formel et à un examen sommaire du fond (conformité de la demande aux prescriptions de la loi, brevetabilité manifeste de l’invention, nouveauté de celle-ci).

Dès que l’examen préliminaire est achevé, la procédure se poursuit par l’établissement d’un rapport de recherche. Ce document cite les éléments de la technique pouvant être retenus pour l’appréciation de la nouveauté et du caractère inventif de l’invention.

Deux étapes peuvent être distinguées :

  • le projet de recherche : si des antériorités apparaissent, vous devez présenter vos observations ou déposer de nouvelles revendications dans un délai de trois mois, sous peine de rejet de votre demande,
  • le rapport de recherche proprement dit, arrêté au vu du rapport préliminaire, en tenant compte des dernières revendications, de vos observations et, le cas échéant, de celles des tiers.

La publication de la demande de brevet au Bulletin officiel de la propriété industrielle intervient dix-huit mois après le dépôt, quel que soit l’état du dossier.

La délivrance du brevet est publiée au Bulletin officiel de la propriété industrielle.

Qui détient les droits sur le brevet ?Retour au sommaire

 

Le droit au brevet appartient au premier déposant, qui bénéficiera d’un monopole d’exploitation de vingt ans sur le territoire français.

 

Le droit au brevet appartient au premier déposantRetour au sommaire

Dans l’hypothèse où différents inventeurs déposeraient une demande de brevet pour la même invention, indépendamment les uns des autres, le droit au brevet appartient au premier déposant.

Lorsque plusieurs personnes concourent à la réalisation d’une invention en dehors de tout contrat, cette invention leur appartient en copropriété. Le Code de la propriété intellectuelle institue un régime général de copropriété d’une demande de brevet ou de brevet.

Les inventions de salariésRetour au sommaire

Les inventions de salariés bénéficient, à défaut de stipulations contractuelles plus favorables, d’un régime spécial.

La loi distingue :

Retrouvez dans Le guide de la propriété intellectuelle les explications détaillées, exemples, conseils sur les inventions de salariés.

 

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  • les inventions de mission appartenant à l’employeur, réalisées par le salarié dans l’exécution soit de son contrat de travail comportant une mission inventive, soit d’études et de recherches qui lui sont explicitement confiées, et qui ouvrent droit à une rémunération supplémentaire au bénéfice du salarié.
  • les autres inventions, qui appartiennent en principe au salarié, à moins qu’elles aient été réalisées durant les heures de travail ou par des moyens propres à l’entreprise. Dans cette hypothèse, l’employeur peut se faire attribuer la propriété ou la jouissance de tout ou partie des droits attachés au brevet protégeant l’invention du salarié, moyennant le versement d’un juste prix.

Exemple : il n’y a pas invention de mission lorsqu’un ingénieur n’a pas reçu de mission de recherche, ni dirigé un service de recherche, que son invention n’entre pas dans le domaine d’activité de l’entreprise ou qu’il n’a pas utilisé les moyens techniques de celle-ci, et qu’il ne s’est pas consacré à ses recherches pendant son temps de travail.

Les effets du brevetRetour au sommaire

L’obtention d’un brevet français vous confère un droit exclusif sur votre invention.

Ce droit consiste dans le droit d’interdire aux tiers tout acte d’exploitation de celle-ci sans l’autorisation du titulaire. Ce monopole est octroyé pour le territoire français pour une durée limitée de vingt ans, sous réserve du règlement des redevances annuelles.

Comment protéger votre invention à l’étranger ?Retour au sommaire

Si vous souhaitez étendre la protection de votre invention à l’étranger, il vous est possible d’effectuer des dépôts nationaux dans les États où la protection est recherchée. Toutefois, certaines conventions facilitent cette extension :

  • la Convention d’Union de Paris institue une priorité qui permet à tout ressortissant de l’un des Etats membres de bénéficier d’un délai de priorité d’un an à compter du dépôt fait dans son pays d’origine pour déposer dans les autres Etats membres sans qu’aucune divulgation effectuée pendant cette période puisse lui être opposée (vous pouvez consulter la liste des pays membres de l’Union de Paris sur www.wipo.org) ;
  • la Convention de Munich sur le brevet européen permet d’obtenir, par une procédure unique, un brevet national dans chacun des États membres de l’Organisation européenne des brevets désignés dans la demande (www.european-patent-office.org) ;
  • le Traité de Washington permet, dans une demande internationale de brevet, de désigner un certain nombre d’États dans lesquels la protection est souhaitée. Ensuite, chacun de ces États se charge de l’examen et délivre ou non le brevet selon sa loi nationale (www.wipo.org).
     

 

 

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